15 déc. 2011

A quoi s'occupe-t-on ? [2]

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Samedi 10
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Class in the morning ; pendant ce temps nous on commence à préparer la veillée du lendemain soir, la dernière.
Visit in the afternoon : un chateau propice à faire de jolies photos dans la lumière de fin d'après-midi. Comme d'hab' une journée très cadrée où on fait ce qu'il est demandé de faire, et pas d'espace pour juste respirer ou pour le free-staïle... Dommage pour les petits, et désolée d'être limitée à seulement le constater.


Dimanche 11
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In the morning, école privée oblige, messe. Je continue à préparer des trucs pour la veillée à l'extérieur, certes sous un petit soleil, mais surtout avec un vent glacial comme la montagne sait si bien le produire. Feutre et découpage au programme, et avec des gants ça ne passe pas ; j'y perdrai presque mes doigts.
In the afternoon, grand jeu dans un fort militaire. Pas mal du tout dans l'absolu, sauf que les crevettes sont déchainées, du coup difficile de les faire progresser par équipe (de 12 en plus) : il faudrait s'attendre, il faudrait procéder méthodiquement alors qu'ils ont envie de courir et se barrer dans tous les sens.
Et puis ils ont tellement intégré que gagner, c'était "bien", que c'était en fait le seul truc à considérer, que du coup celui ou celle qui ralentit le groupe est maudit voire à lapider sur place. Dur dur...
Je repense aux pédagogies sans récompense ni sanction... Le paradis ! Si seulement on arrêtait de leur dire qu'être devant, qu'être le premier, c'est "bien".
Le soir, dernier soir, tadaaam... Veillée kermesse ! Stands, jeux et bonbons à gogo, yeehee !
Avec 2 bons (gagnés aux différents stands, au choix avec des bonbons), on décroche une boisson au bar. Avec 3, on devient DJ le temps de choisir la prochaine chanson. Avec 5 on peut aller faire l’acquisition d'un déguisement au "vestiaire" préparé pour l'occasion. Quelques petits gars partent à fond : jupes et robes fleurissent, perruques et chapeaux dans tous les sens... Que du plaisir, ils se marrent (et me fond marrer), c'est excellent !!
Pas de photo de tout ça, trop occupée à gérer mes stands et danser la macarena ou équivalent de l'été dernier.
Chez les filles, moins de succès. Pas fun de se déguiser ? Peur d'être ridicule et volonté de faire attention à son apparence ? Un peu de tout ça sûrement.

Lundi 12
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On plie les gaules. Sans regret du point de vue de la météo, puisqu'il re-pleut. Les inventaires du matin, qui consistent à refaire les valises en checkant qu'on a bien, au retour, tout ce qu'on avait à l'aller me laissent rêveuse : voir un enfant ne pas reconnaitre ce qui lui appartient au milieu d'une montagne de choses qui, nécessairement, appartiennent bien à quelqu'un, c'est planant.
De dépit, et l'expérience aidant, je finis par écrire sans sourciller : "Chaussettes : arrivée : 6 / retour : 3". Même pas mal.
C'est les instits qui vont bien se marrer : et hop, un sac entier d'affaires à redistribuer à la rentrée en janvier !

Fin de trajet de retour, il est 20h00. Une fois descendus du TGV, je me cale au fond du bus et j'entame un "questionnaire de satisfaction client". Je leur pose des questions sur leur vécu du séjour en leur demandant d'exprimer leur niveau de satisfaction sur une échelle de 0 à 10. Et puis, vu les commentaires, je dévie vers des questions plus générales sur la façon dont ils se débrouillent avec la vie qu'on leur fait vivre.
Pfiouuuu... Les pépites que je récolte ! Grand moment.
Si j'ai le temps j'en ferai un petit résumé que j'intitulerai "cahier de doléances des enfants aux adultes".

14 déc. 2011

A quoi s'occupe-t-on ? [1]

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Je vais vous le dire.

Je poursuis mon exploration de la sphère animatico-éducative entamée cet été.
J'en suis à ma troisième classe de découverte. Toujours aussi intéressant. Et super fatiguant (il faut que je m'améliore là-dessus). Et édifiant.

Après le Jura et la Loire atlantique en novembre, direction la Savoie la semaine passée.

Ambiance école privée de la banlieue ouest de Paris. Échantillonnage de prénoms : Henri, Henry, Jean-Nicolas, Côme, Théophile, Achille, Timoté (je confirme mon attachement à ce prénom), Léopold, Faustine, Philipine, Inès, Amicie, Victoire.

Lundi 5 décembre
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Départ. On n'a pas fait 30 minutes dans le bus qui nous emmène à la gare de Lyon, hop, premier vomi. Début d'apprentissage des prénoms, je me rends compte que j'ai carrément du mal. Ça ne rentre pas. Ils se ressemblent tous, je ne mémorise rien. Quelques heures de TGV et une heure de car plus tard, arrivée sur le lieu de séjour, sous la pluie et avec un plafond nuageux qui ne fait pas rêver pour une classe supposée "de neige".
Fin de journée des plus classiques : inventaires des valises, installation dans les chambres, diner, douches et couchers plutôt (très) agités. Ils ne veulent pas y aller au lit, ils ne veulent pas ils ne veulent pas !... Dur dur d'obtenir du silence dans les chambres.
Fin de soirée, observation de la situation extérieure : la pluie se convertit en neige. On croise les doigts pour demain.

Mardi 6
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Au réveil, manteau blanc !!! Ça c'est bon ! Pas de quoi skier mais ça fait se sentir vraiment à la montagne et ça fait du bien. Première matinée : un quart du groupe de 60 enfants part en cani-rando ; je me concentre sur une activité décoration du centre avec deux crevettes de 10 ans archi-zen. Tranquille et cool. Et déjà deux prénoms d'appris, c'est toujours ça.
Après-midi cani-rando pour moi et un deuxième groupe de 15 enfants.
Bon, "cani-rando", kezako ? Simple : un chien de traineau, deux personnes avec chacune une ceinture matelassée autour du ventre, prolongée d'une laisse élastiquée reliée au harnais du chien. Et c'est parti mon kiki ! (le but étant de garder le contrôle sur la vitesse de la bête) Bref, de la rando améliorée par la traction du chien (cani-rando, on vous l'avait dit). Et bon sang, ça tire ! Je me greffe à un attelage de deux enfants qui ont le chien le plus péchu du lot (et qui n'a pas couru le matin). La bête est folle, on a du mal à le tenir. Les petits volent un peu... et moi aussi ! Gamelle sur gamelle dans les pentes, et pire que tout quand il y a du dévers. Mais le tout dans la neige tombée sans interruption depuis le matin, donc très cool !

Michto, l'indomptable bête (l'air d'un petit chiot là-dessus mais il n'en est rien du tout).


Une autre bête.

Mercredi 7
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La même journée que la veille : activités diverses, entre théâtre, luge, concours de bonhomme de neige... et cani-rando en mode palmes et tubas. Eh oui, ça fond méchamment. On passe avec les après-skis dans des trous de 15 cm d'eau gelé. Pas top. Concours d'essorage de gants 30 minutes après le départ de la ballade qui doit durer deux heures (on remplit un verre d'eau dégeu par gant). Les petits sont courageux ! Mais au final ça passe plutôt pas mal grâce aux chiens en soutien à la fois moral et physique.

Jeudi 8
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Vision du petit matin qui va bien : tout n'a pas fondu, et grand ciel bleu ! Au menu aujourd'hui, balade à pieds et balade en raquettes. Sympa.
Mais trop de cadre et pas de temps pour se faire juste plaisir à vivre le moment à sa façon, et l'impatience et l'agitation se sentent chez certains. Être dans la neige et ne pas pouvoir la prendre dans ses mains, ne pas pouvoir frotter ses pieds dessus parce que ça fait du bruit et que là, il faut écouter le guide... Pas facile.
On profite de l'absence des instits le soir pour prolonger un peu la veillée. Les horaires officiels de coucher sont un peu rudes et les enfants s'en plaignent, mais que faire...? Inévitablement, quand le chat est parti, les souris dansent. Du coup, soirée cabaret ! Un petit spectacle des anims, préparé avec le minimum de temps mais pour un résultat plutôt bien.
Ils ont adoré.


Vendredi 9
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Visite d'Annecy le matin, et plongée dans le monde du reblochon en visitant une ferme-musée l'après-midi.
Pas mal dans l'ensemble, mais encore une occasion de questionner le planning et ses activités qui enchainent sans répit.
Il est où le temps libre pour explorer les choses à sa façon, hors instruction aucune ?
Elle est où, pour ces enfants, la liberté, le choix de s'intéresser à ce qui les intéresse ?



Et pour le plaisir de se mirer encore et encore dans la neige...

24 nov. 2011

Bibendum rouge et blanc : J-30

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Les thématiques du relationnel entre les gens et des situations de domination-soumission - surtout quand elles n'y paraissent pas - m'intéressant de plus en plus, je décide aujourd'hui de faire monter sur l'estrade petit papa Noël, pour examen approfondi de ce qu'il est, de son rôle et de ce qu'il enseigne malgré lui.
En effet il est l'heure puisqu'on est à J-30 de son grand retour.

Éléments en vrac

- L'image de l'enfant émerveillé me plait à moi, l'adulte. Le rappel d'un bonheur insouciant auquel je n'ai plus accès, peut-être.

- Au départ, l'enfant me fait naturellement confiance à moi, l'adulte, et croit ce que je lui dit (la méfiance apparait avec le temps, constat attristant s'il en est). Certainement ressent-il que son discernement est moindre par rapport au mien, il sait qu'il n'est pas autonome, il a besoin de moi. En fait il n'a pas vraiment d'autre choix que me faire confiance.

- "On n'enseigne pas ce que l'on sait ou ce que l'on croit savoir : on n'enseigne et on ne peut enseigner que ce que l'on est." Jean Jaurès. Je n'enseigne donc pas ce que je dis, j'enseigne ma façon d'être et mes actions.

- Moi, l'adulte, je dis qu'il ne faut pas mentir.

- L'existence du père Noël est un mensonge.

- "Celui qui détient l'information est celui qui a le pouvoir." (auteur à retrouver car je ne sais plus)


Une trituration de tout ceci, à laquelle j'ajoute une observation attentive - bien que récente - des enfants, m'amène à penser que ce qui suit : dans l'histoire du père Noël se joue une petite affaire de domination des adultes sur les enfants, même si l'emballage fait qu'il n'y parait pas et que le mobile est bien fichu (le rêve et le bonheur de l'autre, on fait difficilement mieux comme mobile).


Dans cette affaire-là, moi, l'adulte, je trouve du contrôle de l'autre.
Du contrôle, parce que je raconte ce que je veux comme je le veux. Je détiens l'information et ma parole est reçue avec confiance (jusqu'à ce que...), en conséquence de quoi j'ai le pouvoir sur les émotions de l'autre.
Et moi, l'adulte, j'ai souvent été élevé malgré moi à rechercher ce contrôle car il est rassurant.
"Attention, tu sais, le père Noël ne donne pas de cadeaux aux enfants qui ne sont pas sages."

Dans cette affaire-là, moi l'adulte, je trouve aussi la joie de contribuer aux bonheur de l'enfant. J'ai une responsabilité : c'est en partie grâce à moi, les étoiles au fond de ses yeux. Et je suis heureux, car c'est un besoin vital pour moi de jouer un rôle dans le bonheur des autres.
Que ça passe par un petit mensonge, ma foi... ça ira puisque c'est pour la "bonne cause".

Dans cette affaire-là, l'enfant trouve peut-être du rêve et de l'imaginaire, des images incroyables de magie et de traineaux qui volent dans le ciel.
Dans cette affaire-là, l'enfant trouve peut-être de la peur. Et si le père Noël m'oubliait ? Et si je n'avais pas été assez sage ?
Dans cette affaire-là, l'enfant trouve aussi peut-être un goût un peu amer en bouche le jour où il comprend que...
Et dans cette affaire-là, peut-être que l'enfant aura appris ce qui s'est passé et non ce qui lui a été dit : que mentir aux dépends de quelqu'un (qui, de surcroit, est plus faible) peut finalement être acceptable.


En fait je ne comprends pas que cette tradition mensongère, car c'est quand même de ça qu'il s'agit, se perpétue, soit si établie, et établie comme "bonne".
Je ne vois pas ce que les enfants y gagnent. Pour moi l'argument de la joie issue de l'imaginaire qu'on leur apporterait ne tient pas. Ils sont par ailleurs tellement plus capables que les adultes de se fabriquer des histoires incroyables qui les font rêver... Ils n'ont pas besoin de nous sur ce plan.
Je vois assez bien en revanche l'intérêt que les adultes peuvent y avoir.

Je me dis toujours qu'il n'y a pas de raison pour faire aux enfants ce qu'on ne se permettrait pas avec des adultes, car sinon cela signifie qu'on est en situation de domination (l'inverse n'étant pas vrai : ce n'est pas parce qu'on le ferait avec des adultes qu'on est dans une relation de liberté équilibrée).
Question : quel adulte trouve acceptable de monter un bobard à quelqu'un et de tout faire pour qu'il y croie ?

Alors je fais une proposition.
On tue le père Noël une bonne fois pour toute, on s'en désaliène, on reprend au passage sa liberté et un peu de dignité et de fierté, et tous les ans on réinvente le truc.
Tous les ans on crée ensemble, adultes et enfants, une nouvelle histoire qui expliquerait cet arbre dans la maison et cette arrivée soudaine de cadeaux. Tout le monde étant bien évidemment conscient, quel que soit son âge, qu'on se fabrique une histoire virtuelle. Que c'est pour jouer ensemble (et pas les uns contre les autres).
Plus de potentiel, plus d'authenticité, plus d'unité, plus de partage, et de la création au lieu du suivi d'une habitude établie... Champagne !


Il faut encore que je cogite sur la chose, mais telle est ma position du moment.
A l'attention des amis ayant des enfants et avec lesquels je suis susceptible d'être en contact à tout moment de l'année, et plus précisément dans la période de Noël qui approche : je me désengage d'une participation ou même d'un soutien à la thèse du père Noël.
Je ne casserai pas le truc pour autant, mais peut-être émettrai-je des doutes si je suis interrogée... :)

30 oct. 2011

Le record du « sans maître »

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Il y a à peu près 6 mois de ça, j'avais lu que la réforme territoriale ("fusion" des conseillers généraux + régionaux en "conseillers territoriaux"), au lieu de nous faire faire des économies (c'est pourtant comme ça qu'on nous l'a vendue), amenait à un système qui coutait plus cher que le précédent.
Bon... Les gars ont du se tromper dans leurs calculs pendant la réunion, ils n'avaient pas tout prévu... mais enfin à ce niveau-là et avec ses conséquences-là, ça fait bizarre. Définitivement très inquiétant. Définitivement louche, aussi. On ne se "trompe" pas dans ses calculs sans, au moins, une petite arrière-pensée.

Dans la même idée ("l'économie qui coûte plus"), je me disais il n'y a pas longtemps : avec les suppressions de postes d'enseignants "vrais" (j'entends des contrats de fonctionnaires à plein temps), il doivent bien être obligés de combler les vides avec des vacataires, des contrats précaires de chez Manpower, et du coup... ça ne nous coûterait pas plus cher que le système précédent, juste comme ça, par hasard ?

Confirmation :

Éducation scolaire : record du « sans maître » en France.
Avec les nombreuses suppressions de postes d’enseignants, l’Éducation nationale a de plus en plus recours à des vacataires et aux heures supplémentaires. Du coup, la masse salariale globale a augmenté par rapport à l’année dernière.
Le Canard Enchaîné, 19 octobre 2011, p.4.

J'en suis toute ébaubie. Ils nous prennent vraiment pour des truffes.

27 oct. 2011

Allocution du soir, bonsoir.

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De Mr Sarkozy, ce soir 27/10/2011 : "Moins d'assistanat et plus d'investissement. Voilà ce vers quoi il faut aller."
Difficile de s'opposer au vu des mots employés.

Sauf qu'une fois décryptage fait, ça donne : "Moins d'implication de l'Etat, et plus du privé".
D'un coup, les choses sont plus claires, on sait de quoi on parle et on peut commencer à discuter.

Traduction effectuée grâce au travail de la Scop Le Pavé, notamment sur la manipulation de l'opinion par la prise de contrôle de la langue :
"Un philosophe aujourd’hui oublié, Herbert Marcuse, nous mettait en garde : nous ne pourrions bientôt plus critiquer efficacement le capitalisme, parce que nous n’aurions bientôt plus de mots pour le désigner négativement. 30 ans plus tard, le capitalisme s’appelle développement, la domination s’appelle partenariat, l’exploitation s’appelle gestion des ressources humaines et l’aliénation s’appelle projet."
http://www.scoplepave.org/la-culture


Edit du 30/10/2011 :
Pfffiou... Pépite du soir bonsoir... Celle-là résume les choses de façon si abrupte que j'en ai froid dans le dos :
« Quand les hommes ne peuvent changer les choses, ils changent les mots »
- Jean Jaurès -

14 oct. 2011

Le candidat naturel

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Je m'insurge car, comme diraient d'autres, on nous vole des mots. On nous en retire certains et on nous les remplace par d'autres, et personne ne tique.

"- Monsieur X, vous avez occupé des places importantes au sein de la droite depuis plus de 15 ans, et avez été très présent aux côtés de Nicolas Sarkozy sur les dossiers importants du quinquennat qui se termine. Avez-vous envisagé d'être le candidat de la droite ?
- Non, ce n'est pas d'actualité, la question ne se pose pas. Nicolas Sarkozy, en tant que président sortant, est le candidat naturel de la droite."

Le "candidat naturel"...
Sans blague, ça fait rêver. Du coup ça donne envie d'y regarder de plus près, aussi.
Candidat, d'accord, ok. Naturel, vraiment ?
Monsieur Sarkozy serait-il bio ?

Non mais, sérieusement, peut-il véritablement revendiquer une poursuite "naturelle" sur un second quinquennat ? POURQUOI et COMMENT peut-il être désigné "candidat naturel" ?
Rhâââ... Et puis qu'est-ce qui est naturel, à la fin ?
(Où sont mes notes de philo de terminale ?)

POURQUOI CA, "NATUREL" ?
Je vois (au moins) deux raisons bien pratiques :

- "Naturel" veut souvent dire - par raccourci dans nos esprits trop occupés - "bon". Choix lexical intéressant, donc. Porteur de belles couleurs. Ça sonne bien. C'est joli, c'est frais. Un petit goût d'authentique, même. D'un point de vue marketing, ça fonctionne bien.

- Ce qui est "naturel", on ne le remet pas en cause. C'est légitime, évident. C'est, parce que c'est comme ça. Parce que ça a toujours été. Ça ne souffre aucune contradiction, aucune controverse, aucun commentaire. Ça a des racines, c'est inébranlable.
Qui pour s'autoriser à penser un positionnement différent ? Personne car c'est cuit d'avance, la bataille est perdue.
" - Pourquoi papa ? - Parce que."
Tel est le candidat "naturel". Indiscutable. Et ça c'est sacrément pratique.

COMMENT CA, "NATUREL" ?
Là ça se complique, il faut vraiment ressortir les notes de Terminale. L'opposition nature/culture... Quelqu'un a des souvenirs ?
Je ne vais pas faire de thèse/antithèse/synthèse parce que je suis convaincue que ce terme de "candidat naturel" est une arnaque, alors on va juste le poser comme hypothèse et se contenter d'une démonstration rapide.

1) Définitions
> Le naturel : ce qui est donné à la naissance. Ce qui est constitutionnel et qui fait donc partie de la nature d'un être. Universel.
> La culture : ce qui est acquis et/car (?) transmis. Ensemble de règles sociales, d'impératifs spirituels ou religieux, de normes familiales, d'habitudes, de traditions, de coutumes, de goûts esthétiques, etc. Propre à une époque et un lieu.

2) Démonstration
(vous ferez les réponses)
Question 1 : cette identité de candidat à la ré-élection a-t-elle été donnée à Monsieur Sarkozy à sa naissance ?
Question 2 : la définition d'un candidat à une ré-élection varie-t-elle selon les lieux ? Selon les époques ?

3) Conclusion
Monsieur Sarkozy n'est pas le candidat "naturel" de son parti. Il est, pour ainsi dire, le candidat "culturel".
Il est le candidat des usages d'un moment et d'un lieu. Il est le candidat fruit des règles, de l'habitude ou de la tradition en place dans son cercle, le candidat issu de l'application de certaines lois de fonctionnement. Certes peut-être pour la raison qu'"elles ont toujours valu", mais c'est un autre débat et surtout ça n'en rend pas les-dites lois "naturelles".

Il n'est pas le candidat "naturel".
A la rigueur, il est le candidat qui, au sein de sa culture, est perçu comme "naturel", parce qu'on perçoit (malheureusement ?) toujours ses habitudes et l'application des règles qui sont celles de sa culture comme normales, ce qui abusivement conduit à parler de "naturelles".

Il est le candidat usuel, habituel, classique, d'usage.
Le candidat du "chez nous, c'est comme ça qu'on fait" ou plus exactement, peut-être, le candidat du "chez nous, on a toujours fait comme ça".
C'est moins classe, et pourtant ce n'est rien d'autre que cela.
Ça en impose nettement moins, mais il serait bon d'assumer et d'arrêter de nous vendre ce qui n'est pas. Et pour cela, de changer de vocabulaire.

6 oct. 2011

La promesse de l'aube

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Un jour, par hasard, j'entends parler du Théâtre de la Commune d'Aubervilliers. En bien. En très bien.
Un jour, par la malchance d'un spectacle raté, je poireaute dehors sous un ciel gris devant un théâtre.
Je récupère quelques prospectus culturels pour tuer le temps, et je tombe sur le précédemment cité "Théâtre de la Commune".

Les choses viennent à vous, il n'y a pas besoin d'aller les chercher.

Hop hop, sourire de joie et ouverture de la brochure ; je cherche des yeux quelque chose qui me confirmerait que oui, l'endroit "vaut" sa réputation.
Le seul édito satisfera mes attentes.
Je vous le livre parce qu'il est bien bien joli...
(Didier Bezace, le directeur du théâtre de la Commune, en est l'auteur partiel, il rapporte les écrits de Jean-Luc Lagarce)

Se faire de nouvelles promesses

Je relis avec émotion le petit catalogue de bonnes résolutions que Jean-Luc Lagarce dresse en 1991 à la veille de la réouverture annuelle du théâtre Le Granit à Belfort. Vingt ans après, j’y trouve encore les mots qu’il faut se dire – se redire – de temps à autre et notamment quand il s’agit de construire l’imaginaire de la saison à venir ou lorsqu’on s’apprête à mettre un nouveau projet artistique sur le chantier du théâtre, ou bien dans l’exercice quotidien de la direction d’une maison qui doit rester, dans un contexte de plus en plus chaotique, fidèle à ses ambitions, aux raisons d’être du théâtre dans la cité.

Chacun d’entre nous, spectateurs, artistes, artisans de la scène et d’autour, peut aller chercher dans sa vie intime, personnelle et professionnelle, des raisons de se réciter à voix basse, le sourire aux lèvres et vaguement sceptique sur sa chance d’honorer toutes les promesses du catalogue, quelques-unes de ces maximes du bon vouloir, écrites avec humour et élégance par un de nos plus précieux poètes du théâtre contemporain, je lui cède amicalement la parole : « Se faire de nouvelles promesses. Se promettre de ne plus recommencer. Aller son chemin. Ne pas écouter les conseillers attentifs pleins de sollicitude.
Se méfier de toutes les certitudes. Continuer à avoir peur, être inquiet, ne jamais être sûr de rien. S’inquiéter du respect et se garder de la fausse insolence. Haïr la parodie. Se souvenir. Ne jamais oublier de tricher. Dire la vérité et ne plus s’en vanter. Abandonner les voies rapides et suivre les traces incertaines. Parfois aussi, de temps à autre, s’arrêter, ne plus rien faire et ne pas affirmer que ce fut pour réfléchir. Prendre son temps. Ricaner dans les moments inopportuns. Sourire avec douceur. Ne pas être, jamais, efficace, renoncer. Lutter contre les médiocres. Résister. Éviter toujours ces mots-là, ces choses qu’on ne comprend jamais, “le consensus”, “la conjoncture”, “les synergies”, on a beau avoir fait des études, ces mots-là, on ne les comprend pas, alors on les laisse. Ne pas craindre l’affrontement. Ne pas craindre même, admettons, de provoquer l’affrontement. Chercher la bagarre, oui, “des fois”, et même juste pour rire. S’en moquer. Garder en réserve, toujours au milieu des défaites, la légère et nécessaire ironie de la victoire. Inversement aussi, j’allais le dire (1). »

(1) Jean-Luc Lagarce, “Se faire de nouvelles promesses”, in Du luxe et de l’impuissance, © Les Solitaires Intempestifs, 1997.

28 juin 2011

Pâtés de sable

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J'étais dimanche dernier en baie de Somme pour réaliser innocemment quelques pâtés de sable.
Enfin c'est ce que je croyais. Mais ça a été un peu plus physique que ça puisqu'en lieu et place de pâtés, on nous a servi une Transbaie (www.transbaie.com).

Quelques données techniques pour ces 17 km :
- 0 entrainement (dicton picard bien connu : s'entrainer c'est tricher)
- 1 ravitaillement
- 2 kg d'un astucieux mélange boue-sable à chaque pied
- 3 litres de sueur
... Et 2 heures 12' pour arriver au bout.
Rang d'arrivée : 3902/5999, et je suis presque fière au vu de ma petite condition physique et des accablantes conditions météo.

Descriptif technique un peu plus poussé :
Indices d'imprégnation et d'agglutination de la boue excellents cette année. Les chaussures ont été rapidement remplies et j'ai failli perdre l'une ou l'autre par simple "effet ventouse" à plusieurs reprises. De même, l'effet "2-kg-à-chaque-pied" a été ressenti dès le départ.
Vu les 30°C ambiants, les fosses ou trous d'eau vaseuse ont été mis à profit comme jamais (bien plus qu'en 2008), la difficulté majeure étant finalement de se retenir de boire l'eau une fois assis ou allongé dedans.
La traversée de la Somme, grand moment, comme toujours. De l'eau jusqu'au dessus du genou... mais pas plus, ce qui indique donc l'obligation de refaire d'autres Transbaie-s pour connaitre la joie de devoir traverser la Somme à la nage.
Et le ravitaillement des à-peu-près-10km, ses robinets d'eau, ses abricots et ses quartiers d'oranges, a été un moment absolument BÉ-NI... Pour moi comme pour beaucoup, je crois.

Je remercie mon coach et toute l'équipe logistique sans qui rien n'aurait été possible... Merci 1000 fois pour tout, la famille Mousseau-Cérézo.
Rdv en 2012 !

Photos à suivre ; en attendant vous pouvez aller voir ici : http://www.youtube.com/watch?v=HNopCvB3CeA&feature=related

Et aussi ici, parce que ça complète bien la première vidéo et qu'on ne s'en lasse pas... : http://www.vo2.fr/video/divers-transbaie-2010-6675-coureurs-et-la-fete-07042011-160.html

10 juin 2011

Journalisme nouvelle vague

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Plus le temps passe, plus le monde des médias se surpasse et l'incompréhension me dépasse.
L'angle d'attaque journalistique de certains m'impressionne jour après jour.
On délaisse l'information, matérielle, factuelle, vérifiable, et on glisse petit à petit dans le ressenti, l'état d'âme, l'émotionnel à deux sous.
Est-ce la nouvelle tendance auto-instaurée pour faire de l'audience ? Les journalistes reçoivent-ils des consignes ? Dans les deux cas le résultat est de toute façon mauvais en terme d'information, et cette orientation pose question.

Un exemple pour la route (le plus récent au milieu de beaucoup d'autres entendus ou vus ces dernières semaines) : la question qui ne sert à rien.
Ce soir, vendredi 10 juin.
Entretien télévisé sur une chaine de la TNT. Ségolène Royale face à deux journalistes.
Actu : elle revient de Charentes où elle a assisté à l'intervention de Nicolas Sarkozy auprès des éleveurs bovins de la région.
On jase sur un évènement que les médias se plaisent à relayer : elle n'avait pas été conviée à la visite (hou !), bien qu'il soit apparemment traditionnellement de bon ton d'inviter les élus locaux lors de tout déplacement présidentiel (oh !).
En complément, cerise sur le gâteau : N. S., pris de court et contraint par l'évidence d'une présence non anticipée, lui donne la parole pour quelques minutes, du bout des lèvres, à contre-coeur.

Le fait est là : le code veut qu'on convie les élus locaux à une visite présidentielle, et ce quelle que soit leur appartenance politique, mais dans ce cas précis ça n'a pas été fait. Soit.
Les journalistes le signalent, bien.
C'est fournir une information effectivement que de mettre le doigt sur cette originalité de l'organisation. Charge ensuite au téléspectateur de se faire son avis sur le relationnel entre les deux protagonistes.
Si on s'en était tenu là, on serait restés dans de l'information. Mais l'information aujourd'hui, ça ne doit plus payer. Il faut un emballage clinquant ou un exhausteur de goût, il faut entrer dans l'émotionnel, sinon...

Comme de bien entendu, les journalistes se précipitent donc dans la brèche : "Qu'avez-vous ressenti lorsque Nicolas Sarkozy vous a donné la parole ?". Et le collègue d'insister lourdement, presque solennel : "A cet instant très précis, Madame Royale, que s'est-il passé en vous ?"
Et ça, ça me met bigrement en colère. Ça c'est d'une médiocrité et d'un non-professionnalisme qui m'exaspère. C'est manger du temps d'antenne pour rien, ou en tout cas pour rien qui en vaille la peine. C'est être sur la tribune, avoir le micro et donc porter les responsabilités qui vont avec, mais ne pas être à la hauteur.
Car en quoi est-ce une information d'apprendre que Ségolène Royale a éprouvé tel ou tel sentiment ? Colère, joie, frustration, isolement, prise de court, que sais-je encore... On s'en fout !
Enfin, "on" ne s'en fout peut-être pas, chacun aura son avis, mais qu'on me montre en quoi ceci est un élément d'information utile pour sa culture politique, pour se forger ses idées, une opinion, pour se faire sa self-critique du monde politique ou autre.

Qu'on informe que N.S. n'ait pas convié S.R. soit, ça permet de faire passer une certaine idée du panier de crabe mesquin que semble être le monde politique.
Qu'on mette en lumière en conscience, qu'on aille volontairement chercher l'info selon laquelle S.R. a tremblé comme une feuille ou se soit fait pipi dessus de joie en obtenant le micro, c'est faire de l'audience avec de la m***. Ça n'est pas du journalisme, ça n'est pas informer, c'est proposer une question médiocre et surtout se tromper de registre.


Dans un genre un peu différent, il y a aussi l'approche biaisée.
Une question sur un thème qui pourrait être intéressant, mais dont la réponse est nécessairement limitée car le problème est mal posé.
Au cours de la même interview de S. R., alors qu'on aborde - évidemment - la thématique des scandales de moeurs du moment, DSK, Tron et le reste : "Madame Royale, est-ce à dire que la vie privée des hommes politiques doit être exemplaire ?".
Qu'est-ce que c'est que cette histoire d'"être exemplaire" ? Ça ne veut rien dire !
Être exemplaire... exemplaire aux yeux de qui ? La notion d'exemplarité est absolument subjective. Ce qui est exemplaire pour Robert ne le sera sûrement pas pour Raymond, et inversement. C'est de l'ordre de l'idéal, du modèle, et nous avons tous des modèles différents.

Aborder le sujet en utilisant ce terme d'exemplarité, c'est présenter la question sous un angle incorrect : cela sous-entend qu'effectivement la question se pose de savoir où est la limite dans la conduite privée d'un personnage public, qu'on ne sait pas où trancher, que c'est de l'ordre de la morale et qu'on peut en débattre, qu'on ne sait pas quel est le bon modèle. On donne l'impression qu'il y a de la place pour l'interprétation personnelle, et d'ailleurs S. R. se retrouve inévitablement à émettre un avis : "Oui, effectivement, l'homme politique moderne et responsable est tenu à l'exemplarité, blablabla...".
Temps perdu. Stérile.

Les scandales de moeurs du moment ne sont pas du ressort du questionnement sur l'exemplarité, dans la sphère privée, des personnages par ailleurs publics, mais de l'ordre de la légalité, du pur Droit. On est là dans l'objectivité, la loi, et ça n'est pas du tout du même registre. Cela n'appelle aucun commentaire : la loi doit s'appliquer, qu'on soit un personnage public ou non, et que l'éventuel délit ou crime ait eu lieu dans un contexte public ou privé.

L'exemplarité... Tsss...
Mr Bidule, personnage public, divorce 4 fois.
Ça n'est peut-être pas exemplaire aux yeux de certains. Mais il fait bien ce qu'il veut, il n'y a pas là de délit ou de crime.
Mr Bidule, personnage public, commet un délit ou crime dans la sphère privée (ou publique d'ailleurs). C'est clair et net : la loi donne le cadre de ce qui est autorisé ou ne l'est pas, point final.


Allez, un petit effort les journalistes... Restons positifs et voyons le verre à moitié plein : mon constat n'est pas généralisable à tous, et la marge de progression est belle...

6 juin 2011

Journée internationale de l'environnement

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C'était hier, dimanche 5 juin, et pour l'occasion j'ai reçu ça :






"Cotula essayant de pousser malgré le manque d'eau.
Oued Draa, Maroc."







Illustration de systèmes vivants incroyables de performance qui ont mis des millions d'années à se définir, à s'équilibrer.
Et malgré ce constat qui force l'humilité, certains sont d'avis que, avec un peu de génie génétique, on peut améliorer la nature...
Je suis pensive et franchement perplexe.

21 avr. 2011

La guerre de l'espace routier

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Wow... Je viens de faire aujourd'hui la rencontre de la vidéo porte-parole de mon vécu urbain à vélo : le quotidien d'un parisien à vélo pendant un an.
Durée 8 minutes. Tout est dit.
Encore une preuve qu'il faut avoir des yeux à 360°, et surtout des freins.

19 avr. 2011

Printemps III

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Surprise ce matin : maternité arachnéenne.

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8 avr. 2011

Printemps II

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Allez hop, toujours la verte nature. The poule and its poussins.
L'occasion de se souvenir que l'apprentissage naturel, non formel, a lieu par imitation de ce qui nous entoure. Pratique mais aussi très responsabilisant... Bien fichu, quoi.

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Printemps I

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Pour ceux qui veulent se ressourcer au contact de la verte nature.

video

15 mars 2011

Le pavé dans la mare

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Se révolter (ou s'indigner, plus à la mode ces derniers temps), c'est comme les sacro-saints 5 fruits et légumes par jour, c'est bon pour la santé.
Et être curieux et écouter ce qui passe sur les canaux "non-classiques" facilite pas mal la démarche.
En conséquence de quoi je vous invite très chaleureusement à visionner ceci, fruit du travail de gens qui ont entrepris de décrypter la façon dont on nous parle (SCOP Le Pavé) :

http://www.scoplepave.org/conf_incul_1_vid.php
(durée 2 heures ; il faut ce qu'il faut.)

Ça s'appelle une "conférence gesticulée" et ça parle de Culture, de parapente, de virage industriel mal négocié, de think-tank et de manipulation par les mots, d'éducation populaire, d'éducation politique, de Malraux et du premier ministère de la culture, mais aussi de poireaux, de tomates et de fumier.
Complet, donc. Et une bonne claque dans la tête.
"Éclairant, enthousiasmant, conscientisant, institutionnalisant" ai-je lu quelque part, et je suis d'accord. En ajoutant que c'est cyniquement drôle...

Extrait-intro :
« Quand je dis: «J’ai arrêté de croire à la culture», entendons-nous bien... C’est idiot comme phrase.
Non, j’ai arrêté de croire, pour être très précis, en cette chose qu’on appelle chez nous
"la démocratisation culturelle"...
C’est l’idée qu’en balançant du fumier culturel sur la tête des pauvres, ça va les faire pousser et qu’ils vont rattraper les riches !
Qu’on va les
"cultiver" en somme. Voilà, c’est à ça que j’ai arrêté de croire.
Je faisais ça dans les banlieues, c’est là qu’ils sont souvent, les pauvres... Et donc, je leur balançais des charrettes d’engrais culturel, essentiellement sous forme d’art contemporain et de
"création". Il y a beaucoup de fumier dans l’art contemporain.
De la danse contemporaine, du théâtre contemporain, de la musique contemporaine... pour les faire pousser.
On parle aussi de réduction des inégalités culturelles ou
"d’ascension sociale" par la culture.
Mais j’ai compris bêtement un jour que les riches avaient les moyens de se cultiver toujours plus vite...
C’est là que j’ai arrêté de croire
. »

Et sérieux ça fait rêver, vraiment...
Grand merci pour ce coup de pied dans la fourmilière, le Pavé...
Bien plus d'infos sur leur site : http://www.scoplepave.org
(décryptages sur l'école (conférence génialissime...), l'énergie, le sexisme, le management, etc... Plein plein plein de choses !)

28 févr. 2011

Sacré Bobby

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De Monsieur Robert F Kennedy :

"We will find neither national purpose nor personal satisfaction in a mere continuation of economic progress, in an endless amassing of worldly goods. We cannot measure national spirit by the Dow Jones Average, nor national achievement by the Gross National Product. For the Gross National Product includes air pollution, and ambulances to clear our highways from carnage. It counts special locks for our doors and jails for the people who break them. The Gross National Product includes the destruction of the redwoods and the death of Lake Superior. It grows with the production of napalm and missles and nuclear warheads.... It includes... the broadcasting of television programs which glorify violence to sell goods to our children. "And if the Gross National Product includes all this, there is much that it does not comprehend. It does not allow for the health of our families, the quality of their education, or the joy of their play. It is indifferent to the decency of our factories and the safety of our streets alike. It does not include the beauty of our poetry, or the strength of our marriages, the intelligence of our public debate or the integrity of our public officials... the Gross National Product measures neither our wit nor our courage, neither our wisdom nor our learning, neither our compassion nor our devotion to our country. It measures everything, in short, except that which makes life worthwhile, and it can tell us everything about America -- except whether we are proud to be Americans."

Discours du 18 mars 1968 donné à l'Université du Kansas.
Robert F Kennedy est alors en course pour la présidentielle de la même année. Il sera assassiné trois mois après ce discours.

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Pour qui veut creuser la question du PIB, faire le point quant à ses limites en tant qu'indicateur de l’état global des sociétés, prendre connaissance des alternatives existantes :
1) procurez-vous la Revue Durable n°36 et son excellent dossier sur le sujet ;
2) cherchez sur internet ce qui relève des indicateurs alternatifs et du progrès social. Vous trouverez notamment ces liens : http://www.ecologie-urbaine.org/Les-indicateurs-alternatifs.html --- http://www.bip40.org/taxonomy/term/63 --- http://www.bip40.org/taxonomy/term/16 --- et beaucoup d'autres.
3) pour les Parisiens, jeudi 3 mars, projection-débat du film documentaire "Indices" à Montreuil (infos ici : http://www.demosphere.eu/node/22893)